La protection du droit de l’enfant face à la maltraitance subi de leur maître

La protection du droit de l’enfant face à la maltraitance subi de leur maître

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La maltraitance à l’enfant désigne les violences et la négligence envers toute personne de moins de 18 ans. Elle s’entend de toutes les formes de mauvais traitements physiques et/ou affectifs de sévices sexuels, de négligence ou d’exploitation commerciale ou autre, entraînant un préjudice réel ou potentiel, pour la santé de l’enfant, sa survie, son développement ou sa dignité, dans le contexte d’une relation de responsabilité, de confiance ou de pouvoir.

Parfois, on considère aussi comme une forme de maltraitance le fait d’exposer l’enfant au spectacle de violences entre partenaires intimes. Malgré l’existence de plusieurs études menées dans des pays à
revenu faible ou intermédiaire les données font encore défaut pour de nombreux pays. La maltraitance des enfants est un phénomène complexe et difficile à étudier. Les estimations actuelles varient considérablement selon les pays et la méthode de recherche utilisée. Pour une meilleure approche de notre travail, nous aborderons d’abord les facteurs de risque(I),ensuite les conséquences(II) et enfin les solutions à adapter pour le combat de cette dernière (III).

Plusieurs facteurs de risque en matière de maltraitance des enfants ont été recensés. Ils ne sont pas présent dans tous les contextes sociaux et culturels mais ils peuvent donner un éclairage général lorsque l’on tente de comprendre les causes du phénomène. Les facteurs sont nombreux mais pour le développement de notre sujet nous parlerons des facteurs tenant au parent ou tuteur(A) et des facteurs communautaires et sociétaux(B).

Plusieurs facteurs chez le parent ou le tuteur peuvent augmenter la maltraitance.

Parmi ceux-ci nous avons:

  • La difficulté à établir un lien avec le nouveau né c’est à dire que le parent ou tuteur n’est pas encore apte à fournir à l’enfant tout l’amour dont il a besoin pour se sentir en sécurité et à être aimé. Ce genre de situation est une façon de maltraiter l’enfant sans s’en rendre compte.
  • Le manque d’attention pour l’enfant.
  • Le fait d’avoir subi soi-même des maltraitances durant l’enfance.
  • Un manque de connaissances sur le développement de l’enfant ou des attentes irréalistes.
  • L’abus d’alcool ou drogue durant la grossesse.
  • L’implication dans des activités criminelles.
  • Le fait de connaître des difficultés financières Hormis ce facteur, les facteurs communautaires et sociétaux en sont d’autre qui viennent s’y ajouter malgré les nombreux facteurs.

Parmi les caractéristiques de l’environnement communautaire et social associées à l’augmentation du risque de maltraitance figurent :

  • Les inégalités sexuelles ou sociales.
  • Le manque de logements appropriés et de services de soutien aux familles.
  • Les taux de chômage élevés ou la pauvreté.
  • La facilité d’accès à l’alcool et aux drogues.
  • Des politiques et programmes inappropriés pour prévenir la maltraitance des enfants, la pornographie enfantine, la prostitution et le travail des enfants.
  • Des normes sociales et culturelles qui encouragent ou glorifient la violence envers autrui y compris l’usage de châtiments corporels, amoindrir le statut de l’enfant dans les relations parents-enfants.
  • Les politiques sociales, économiques, de santé et d’éducation menant à des niveaux de vie plus élevés ou des inégalités.

Ces facteurs sont à l’origine de conséquences.

Les conséquences sont nombreuses en ce qui concerne la maltraitance subie par les enfants mais nous allons concentrer notre travail sur les conséquences répercutées au niveau de la santé et de la société(A) et les conséquences répercutées au niveau de l’économie(B).

La maltraitance entraîne des souffrances pour les enfants et peut avoir des conséquences à long terme. Elle provoque un stress auquel on associe une perturbation du développement précoce du cerveau. Un stress extrême peut affecter le développement du système nerveux et immunitaire. Dès lors, les enfants maltraités devenus adultes sont davantage exposés à divers troubles comportementaux, physiques ou psychiques tels que les suivants:

  • La propension à commettre des violences.
  • Dépression.
  • Tabagisme.
  • Obésité.
  • Comportements sexuels à risque.
  • Grossesse non désirée.
  • Alcoolisme et toxicomanie.

Malgré les conséquences rencontrées au niveau de la santé et de la société, nous le notons aussi à travers l’économie.

Au-delà de ses répercussions sur la santé et la société, la maltraitance des enfants à un coût économique lié notamment aux hospitalisations, au traitement des troubles psychiques, à la protection de l’enfance et aux dépenses de santé à plus long terme.

Les coûts économiques de la violence sont généralement de deux ordres: les coûts directs et les coûts indirects.

L’organisation mondiale de la santé fournit une classification utile de ces deux types de coûts qui porte sur la violence en général mais s’applique en particulier à la violence contre les enfants.

Les coûts directs de la violence contre les enfants, immédiats, sont plus faciles à mesurer; ils découlent notamment de ce qui suit:

  • Les systèmes de santé mis en place pour traiter les séquelles physiques à court et long terme des violences infligées aux enfants Ces systèmes occasionnent également des coûts liés au traitement des affections psychiques et des troubles du comportement dont souffrent les adultes ayant été victimes de violences durant leur enfance.
  • Les systèmes de protection sociale entraînent des coûts liés au suivi et à la prévention de la violence contre les enfants ainsi qu’à la lutte contre ce phénomène et à la protection des enfants.
  • Les systèmes de justice pénale qui occasionnent des coûts liés à la répression de la violence contre les enfants et à la protection des victimes réelles ou potentielles.

Les coûts futurs indirects découlant de l’effet de la violence sur les enfants sont moins immédiatement apparents, mais peuvent néanmoins être d’une ampleur beaucoup plus grande. Les principaux coûts indirects sont les pertes de productivité liées à la manière dont la violence peut entraver le développement de l’enfant. Les adultes ayant été victimes de violence pendant l’enfance ont un niveau d’instruction plus faible, sont plus souvent sans emploi, gagnent moins et disposent de moins de ressources. Nombreuses sont les manières dont la violence entrave la formation du capital humain et entraîne d’énormes pertes de productivité qui réduisent les gains que les victimes peuvent accumuler tout au long de leur vie et qui ont une incidence négative sur la société dans son ensemble.

Chez le très jeune enfant, la violence entraîne, de manière prolongée, un stress délétère qui, comme on le sait, inhibe le développement optimal du cerveau. Cet effet irréversible sur le jeune cerveau en développement peut entraver l’épanouissement de l’enfant touché et expliquer, ultérieurement, des résultats scolaires peu satisfaisants. La faiblesse du niveau d’instruction a une incidence négative permanente sur l’emploi et entraîne une énorme perte de rémunération à l’âge adulte. Cumulées, ces pertes ont un coût économique pour la société.

Un enfant exposé à la violence peut présenter des troubles psychiques et comportementaux qui perturbent son éducation. Ces perturbations, qui peuvent être de courte ou de longue durée, nuisent à l’éducation de l’enfant, qui risque, notamment, d’abandonner l’école, de se livrer à la délinquance ou de se voir placé en institution aux fins de sa protection. L’effet néfaste de ces perturbations peut limiter le potentiel de gains à l’âge adulte, entraînant ainsi d’énormes conséquences pour l’individu et la société.

La prévention de la maltraitance des enfants exige une approche multisectorielle. Les programmes efficaces sont ceux qui apportent un soutien aux parents et leur apprennent à être de bons parents. On citera, notamment:

  • les visites d’infirmières à domicile pour fournir aux parents un soutien, des conseils et des informations;
  • les programmes de formation parentale, généralement proposés en groupe, pour améliorer les compétences des parents en matière d’éducation, leur inculquer de meilleures connaissances du développement de l’enfant et promouvoir des stratégies positives de gestion du comportement de l’enfant;
  • les interventions à volets multiples, avec généralement des composantes soutien et éducation des parents, enseignement préscolaire, et soins à l’enfant.

D’autres programmes de prévention se sont révélés assez prometteurs:

  • Les programmes de prévention du traumatisme crânien imputable à de mauvais traitements (aussi appelé syndrome du bébé secoué, syndrome du nourrisson secoué et traumatisme cérébral infligé). Ce sont habituellement des programmes organisés en milieu hospitalier à ’intention des nouveaux parents qui vont quitter l’hôpital ou la clinique pour les informer des dangers du syndrome du bébé secoué et leur indiquer la conduite à adopter face à un bébé qui pleure sans qu’on sache le calmer.
  • Les programmes de prévention des violences sexuelles à enfant. Habituellement organisés dans les écoles, ces programmes sont destinés à enseigner aux enfants:
    • qu’ils sont maîtres de leur corps;
    • quelle est la différence entre des contacts physiques appropriés et des gestes déplacés;
    • comment reconnaître les situations de violence;
    • comment dire «non»;
    • comment parler à un adulte de confiance des sévices subis.

De tels programmes renforcent effectivement les facteurs de protection contre les violences sexuelles (ainsi, grâce à eux, l’enfant est informé de l’existence des sévices sexuels et sait comment s’en protéger), mais on ne dispose pas d’éléments indiquant si ces programmes sont également efficaces contre d’autres types de violence.

Plus ces interventions auront lieu tôt dans la vie de l’enfant, plus elles seront bénéfiques pour l’enfant lui-même (développement cognitif, compétences comportementales et sociales, réussite scolaire, par exemple) et pour la société (diminution de la délinquance et de la criminalité, par exemple).

Par ailleurs, la détection précoce des cas associée à la prise en charge des enfants victimes et de leurs familles dans la durée peut aider à réduire la répétition des mauvais traitements et à en atténuer les conséquences.

Pour que le travail de prévention et la prise en charge aient le maximum d’efficacité, l’OMS recommande que les interventions aient lieu dans le cadre d’une approche de santé publique en 4 étapes:

  • définition du problème;
  • identification des causes et des facteurs de risque;
  • Conception et expérimentation d’interventions destinées à minimiser les facteurs de risque;
  • diffusion d’informations concernant l’efficacité des interventions et extension de celles qui ont fait leurs preuves.

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